Il y a 70 ans, les frappes aériennes des nazis forçaient la Grande-Bretagne à réorganiser sa flotte d'avions de combat. La Royal Air Force avait un besoin crucial d'avions après avoir perdu des centaines d'appareils lors de combats aériens dans toute l'Europe. Sa commande d'avions américains transportés par bateau avait été engloutie dans les eaux glacées de l'Atlantique, conséquence des attaques inlassables des sous-marins allemands. La seule - et périlleuse - solution de remplacement consistait à effectuer la traversée par la voie des airs, bien que les vols transatlantiques en fussent encore à leurs balbutiements.
Message du président
Un fier héritage et un brillant avenir
L'aéroport Montréal-Trudeau célèbre cette année son 70e anniversaire !
C'est alors que le Royal Air Force Ferry Command, mis sur pied pour livrer en Grande-Bretagne les avions militaires fabriqués aux États-Unis, entrait en scène. Sa principale base d'opérations allait être un nouvel aéroport construit par le gouvernement du Canada sur l'emplacement de l'ancien hippodrome de Dorval, aux abords de Montréal. Inauguré officiellement le 1er septembre 1941, l'aéroport de Montréal (Dorval) devait contribuer à l'envoi de 10 000 avions en Europe, jouant ainsi un rôle de premier plan dans la victoire des alliés et préparant le terrain aux innombrables traversées aériennes de l'Atlantique de l'après-guerre.
Aujourd'hui rebaptisé Montréal-Trudeau, l'aéroport est le troisième plus important en sol canadien. Cette année, il accueillera environ 13 millions de passagers et sera desservi par quelque 30 transporteurs aériens qui offrent des vols réguliers vers plus de 130 destinations au Canada, aux États-Unis et ailleurs dans le monde.
Une ascension rapide
L'aéroport de Montréal a connu une croissance rapide quand il est passé dans le domaine de l'aviation civile après la Deuxième Guerre mondiale. Dès 1945, 4 compagnies aériennes y offraient déjà 22 vols réguliers et transportaient 500 passagers chaque jour. Un an plus tard, BOAC - devenue depuis British Airways - établissait le premier service transatlantique de passagers entre Montréal et le Royaume-Uni, haussant du coup le trafic passagers à 250 000 personnes par an.
En 1952, Dorval accueillait 590 000 passagers alors que de nombreux autres transporteurs commençaient à desservir l'aéroport, dont KLM et Air France. Deux de ses trois pistes étaient prolongées afin de répondre à la demande. En 1955, l'aéroport se hissait au premier rang au pays avec un million de passagers.
Aéroports de Montréal : qu'est-ce que c'est ?
Deux ans plus tard, la construction de la première aérogare de fret au Canada commençait sur le site de l'aéroport, lui permettant ainsi de devenir le principal point d'entrée des vols de marchandises en provenance de l'Europe. En novembre 1960, l'aéroport était rebaptisé Aéroport international Dorval de Montréal/ Montréal-Dorval International Airport. Un mois plus tard, le ministre des Transports du Canada inaugurait une nouvelle aérogare de 30 millions de dollars. Il s'agissait alors de la plus grande aérogare en sol canadien et de l'une des plus vastes du monde. L'aérogare initiale était démolie.
1938
L'emplacement des champs de courses de Dorval est choisi pour construire le nouvel aéroport de Dorval.
1941
Site aéroportuaire lors du Royal Air Force Ferry Command. Archives nationales du Canada
1950
La première aérogare de Dorval durant les années 50. Archives nationales du Canada
1956
Un agent de la météo du ministère des Transports fait un exposé météorologique à deux pilotes avant leur vol.
1970
Maître de chien, Gendarmerie Royale du Canada. Avion : Air Canada
Les années d'expansion
Au cours des années soixante, Montréal connaît une importante croissance économique. De grands projets de construction, comme le métro et la tenue de l'Exposition universelle de 1967, donnent à la ville une envergure internationale. De plus en plus de visiteurs y viennent, en particulier par la voie des airs. En outre, le gouvernement fédéral exige des transporteurs aériens européens qu'ils adoptent Montréal comme porte d'entrée canadienne. Résultat : Dorval affiche une hausse annuelle du trafic passagers de l'ordre de 15 à 20 %. En 1968, l'aéroport accueille 4,5 millions de passagers.
Le gouvernement du Canada prédit alors que Dorval sera entièrement saturé en moins de 20 ans et décide de construire un nouvel aéroport pouvant absorber l'accroissement du trafic passagers à long terme, bien après le passage au 21e siècle. Toutefois, avant que l'aéroport de Mirabel ouvre ses pistes en 1975, Toronto était devenue la plus importante porte d'entrée au pays, et le volume de passagers à Montréal avait chuté bien en deçà des prévisions. Le développement de Mirabel est alors stoppé et un seul terminal sur les six prévus sera construit.
Les vols de passagers réguliers internationaux, qui avaient été transférés à Mirabel en 1975, sont rapatriés à Dorval en septembre 1997. Le dernier vol nolisé pour le transport de passagers décolle en octobre 2004. Aujourd'hui, Mirabel se spécialise dans le transport aérien de marchandises et constitue également un site industriel important pour des entreprises aérospatiales telles que Bombardier Aéronautique et Pratt & Whitney Canada, L3 MAS, Avianor Group...
Entre-temps, la responsabilité de l'exploitation et du développement des aéroports de Montréal a fait l'objet d'un transfert par bail de Transports Canada à une nouvelle autorité locale aéroportuaire nommée Aéroports de Montréal (ADM), créée en 1992. Cette cession s'inscrivait dans le cadre de la nouvelle politique nationale du gouvernement du Canada visant à céder l'exploitation des principaux aéroports du pays.
1970
Intérieur de l'aérogare, comptoirs d'enregistrement dans le secteur des départs vers les États-Unis durant les années 70.
Grands jalons de la modernisation
Le retour de la croissance
ADM a dû surmonter de nombreux défis lors de sa mise sur pied. Le partage du trafic aérien de Montréal entre deux aéroports éloignés l'un de l'autre a eu des répercussions négatives sur le développement de l'industrie et a compliqué les liaisons entre le secteur international, d'une part, et les secteurs domestique et transfrontalier, d'autre part. En outre, les installations aéroportuaires de Dorval se trouvaient en mauvais état étant donné les nombreuses années de sous-investissement.
À la suite du regroupement du trafic passagers à Dorval, ADM a commencé à planifier un réaménagement majeur du complexe d'aérogare vieillissant de l'aéroport. Entre 2000 et 2005, la société a construit une nouvelle jetée pour les vols vers les États-Unis, une nouvelle jetée internationale, un complexe des arrivées internationales comprenant un nouveau hall des douanes canadiennes, ainsi qu'une salle de récupération des bagages. Elle a également agrandi les parcs de stationnement. De plus, des sections de la zone des vols domestiques ont été rénovées et agrandies, le tout accompagné de l'ajout d'espaces supplémentaires pour les services commerciaux. Au beau milieu de cet ambitieux projet, l'aéroport Dorval était rebaptisé Pierre Elliott Trudeau, le 1er janvier 2004, en l'honneur de l'ancien premier ministre du Canada.
1975
Vue nocturne du côté air de l'aérogare, montrant un DC-8 d'Air Canada en premier plan.
1980
Façade de l'aérogare durant les années 80.
2010
Nouveau secteur des départs transfrontaliers et Hôtel Marriott, tous deux inaugurés en 2009.
Entre 2006 et 2009, Montréal-Trudeau était témoin de la construction d'un nouvel hôtel Marriott quatre étoiles ainsi que d'un nouveau secteur des départs transfrontaliers à la fois moderne et convivial. Cette composante inclut un centre de prédédouanement pour les passagers qui s'envolent vers les États-Unis et l'un des systèmes les plus performants au monde pour les bagages sortants, qui augmente de façon importante la capacité et la vitesse de traitement.
Le programme d'agrandissement et de modernisation a également permis de mettre en place des solutions de haute technologie dans le but de faciliter le traitement des passagers et de leurs bagages, tout en satisfaisant aux exigences de sûreté strictes imposées depuis septembre 2001. Aujourd'hui, Montréal-Trudeau s'affirme à titre de chef de file mondial des technologies aéroportuaires libre-service telles que l'autoenregistrement. De plus, en phase avec un engagement ferme envers le développement durable, ADM a profité de ce programme pour intégrer de nouvelles technologies qui renforcent l'efficacité énergétique et réduisent l'empreinte environnementale de Montréal-Trudeau.
À la fin de 2010, plus de 1,6 milliard de dollars avaient été investis dans la modernisation de Montréal-Trudeau dans le cadre d'un projet qui a respecté autant l'échéancier que le budget, et ce, sans aucune subvention gouvernementale. Ce faisant, l'aéroport est désormais en mesure de servir plus de 15 millions de passagers par année. Résultat du programme majeur de modernisation et d'agrandissement de Montréal-Trudeau, l'aéroport est maintenant bien positionné afin de poursuivre sa croissance, de servir la collectivité et d'écrire de nouveaux chapitres de l'histoire de l'aviation.
Le saviez-vous ?
Le premier aéroport de Montréal a ouvert ses portes à Saint-Hubert, sur la Rive-Sud, en 1927, soit seulement deux ans après l'ouverture du premier aéroport du pays, à Long Branch, près de Toronto. Saint-Hubert servait essentiellement à la poste ainsi qu'aux vols de passagers de la Canadian Colonial Airlines et de Trans Canada Airlines (qui deviendra plus tard Air Canada). L'aéroport était aussi utilisé pour recevoir les dirigeables, un mode de transport populaire à l'époque.
Lorsque la première aérogare de Montréal-Trudeau a ouvert ses portes en 1941, le nombre d'employés de l'aéroport était plus élevé que celui des résidants de Dorval.
Le Tea Wing du CN Rail à Dorval est devenu le premier restaurant d'un aéroport canadien, en 1941.
Murray Hill a commencé à offrir le premier service de transport par limousine en 1941.
Tilden Drive Yourself est devenue le premier service de location de voitures de l'aéroport, en 1951.
En novembre 1960, l'aéroport était rebaptisé Aéroport international Dorval de Montréal/Montréal-Dorval International Airport. Un mois plus tard, le ministre des Transports du Canada inaugurait une nouvelle aérogare de 30 millions de dollars. Il s'agissait alors de la plus grande aérogare en sol canadien et de l'une des plus vastes du monde. L'aérogare initiale était démolie.